Rencontre avec Akim El Sikameya : «J’espère être en constante évolution»

14 février 2011

AKIM EL-SIKAMEYA


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Akim est un artiste très attachant et surtout un chanteur compositeur qui ne tardera pas à se hisser sur le podium des stars. Il témoigne de la compétence, du sérieux et surtout de la création. Jeune et ambitieux, Akim est nourri d’une longue expérience de la Musique. Il vient d’ailleurs de paraître son premier opus intitulé «Atifa – Oumi»,

un album très prometteur. Rencontre avec un artiste précoce, aux textes forts, puissants et envoûtants, qui jette un regard lucide sur le monde moderne. Il accepte volontiers de répondre à nos questions.

Depuis le succès de votre 1e album « Atifa – Oumi», que devient Akim ?
Le succès du premier album n’a été que le début d’un long et enrichissant parcours. Il m’a offert d’autres perspectives. Je ne me suis pas arrêté là car je voulais  perdurer, et renforcer mes convictions artistiques. Aujourd’hui, mon œuvre a pris, dieu merci forme et a dépassé les frontières  pour être accueillie par de nombreux publics de différentes cultures.

Votre nouvel album, est-il un nouveau départ pour vous ?
Quand on entame un projet, on ambitionne généralement à l’achever. Pour moi, un album ou un projet est toujours un nouveau départ car il n’y a pas de maturité dans l’art. Une œuvre est en  perpétuelle recherche d’elle-même. J’espère ne jamais arriver à maturité, ne jamais m’arrêter et être en constante évolution.

Jouez-vous  dans cet opus de  la world musique ? Et quel regard portez-vous sur l’étiquette «world music» à laquelle on aime vous associer ?
Il est vrai que je joue dans un style qualifié de «world music».  Mais je dois dire que je n’aime pas du tout cette étiquette. Pour moi, la dualité world music/pop music est  comparable à la dualité Orient-Occident  telle que décrite par Edward Saïd (l’auteur de “L’Orientalisme”, le livre fondateur des cultural studies). Prenons un exemple : une star brésilienne et qui ferait de la pop serait classée en variété /pop dans son pays, alors qu’elle serait classée en world music  dans nos bacs européens et états-uniens ! La différence tiendrait donc uniquement à la langue. Si l’artiste chante en anglais, il est classé en pop/variété et s’il chante en portugais ou en arabe il est classé en world, ce qui est très réducteur.
De plus, les effets pervers du classement world sont importants car cela limite immédiatement les ventes et induit un regard biaisé sur l’œuvre. Elle n’est pas considérée comme universelle, mais comme particulière, liée à une culture  déterminée et ne pouvant plaire qu’à un public limité en nombre…

A cause de cette industrie musicale, certains artistes classés « world » sont tentés de formater leur musique aux oreilles occidentales. N’y percevez-vous pas un danger d’appauvrissement des cultures ?
Effectivement, pour plaire à l’industrie dominante, l’artiste est souvent confronté à l’obligation de faire des concessions sur son œuvre. C’est l’effet des tendances. Indirectement, l’artiste se condamne à être éphémère, puisqu’une fois la tendance passée, on ne parlera plus de lui.
Quand on fait des musiques «ethniques», on nous demande soit de faire la musique traditionnelle de façon exotique, soit de mixer cette musique traditionnelle avec des boîtes à rythmes pour la rendre plus commerciale.
Finalement, comme il y a formatage, tout va se ressembler, il y a un phénomène de concentration vers un seul format, une seule esthétique, une seule musique, ce qui va l’encontre de la diversité et de la richesse. Mais généralement tout cela est dû à des règles commerciales, économiques. C’est très difficile de garder son originalité dans de telles sociétés.

Mais n’est-ce pas le propre d’une culture de se mélanger pour avancer ?
Oui, la nature n’aime pas l’immobilisme, tout est toujours en mouvement. Une culture qui veut avancer doit forcément s’ouvrir au monde et à d’autres richesses culturelles.

Vous avez grandi dans la douce chaleur des contrées cosmopolites oranaises. Pensez-vous rendre un jour un hommage à cette «radieuse» ville ?
Oui, c’est dans mes projets et cela me tient particulièrement à cœur !

C’est quoi le plus important pour vous, jouer de la musique, échanger les savoirs et les expériences  où  transmettre des messages ?
Ces missions vont de pair car à mon sens,  l’artiste doit saisir l’opportunité de la visibilité qui lui est conférée pour l’impliquer dans  la promotion des valeurs de  la société où il vit ou celle des valeurs humaines universelles.
En ce qui me concerne, je peux citer les très bons résultats des projets éducatifs et de la réinsertion des jeunes à travers la musique que je mène depuis plusieurs années.  Cependant, cet engagement doit rester naturel ; il sera d’autant plus fort que l’art est puissant, mais il ne doit pas nécessairement passer par l’art (comme les chansons engagées).  Il vaut mieux un artiste engagé qu’une chanson engagée. Quand le message se fait à travers l’art, il n’est généralement pas bien reçu,  de plus l’art en question est rarement bon. Or le message ne sera jamais reçu si la musique est moyenne.

Malgré l’influence de la musique actuelle ((Rap, R’N’B, House, Techno..), pensez- vous que cette vague est éphémère ?
Il serait prétentieux de ma part de prédire la fin de tel ou tel style musical ! Mais ce qui est certain c’est qu’un style de mauvaise qualité  est toujours éphémère.

Quelle différence faites-vous entre la musique du patrimoine et la musique universelle ?
La musique de patrimoine (comme l’arabo andalou) restera toujours une musique universelle ; si elle a été capable de traverser les siècles pour arriver jusqu’à nous, c’est qu’elle avait une valeur universelle.
Quant à la musique actuelle de qualité, selon moi, si elle a une valeur universelle, alors elle deviendra un jour, elle aussi, une musique de patrimoine.


Une question subsidiaire. En tant que chanteur, ne pensez-vous pas qu’il est difficile, voire même impossible, de vivre de ce métier ? Pourquoi ?
Dans ce métier, il y a des hauts et des bas. Il faut travailler beaucoup, se faire confiance, croire et persévérer sans baisser les bras pour pouvoir assurer une notoriété. Toutefois ces conditions nécessaires ne sont pas suffisantes pour bâtir une carrière…En clair, il est difficile de vivre de son art  mais heureusement pas impossible.

Quelle sera votre programmation future ?
Je m’attelle à enregistrer quelques noubas. J’effectuerai en octobre une tournée au Japon. Je prépare également une maquette d’un nouvel album prévu incessamment.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Rencontre avec Akim El Sikameya : «J’espère être en constante évolution»”

  1. Basil Dit :

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