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Abderezak Larbi Cherif est le réalisateur de film « Kamel Hamadi, Ger Yenzizen ». Ce film fait partie des 12 films sélectionnés pour participer à la compétition de la 10ème édition de festival annuel de film Amazigh qui se tient cette année à Tizi Ouzou. Il a été projeté ce jeudi à la salle de spectacles de la maison de la culture Mouloud Maâmeri. Sollicité pour un entretien, Larbi Cherif, s’est porté volontaire. Le Courrier d’Algérie : Merci de vous présenter à nos lecteurs… Abderzak Larbi Cherif : Je suis journaliste, réalisateur. J’ai commencé à travailler comme journaliste à la chaîne II de la radio Nationale, en 1992. En 2001 je suis parti en France ou j’ai suivi une formation à l’école internationale de la création audiovisuelle et de la réalisation. Donc j’ai fait une formation en réalisation et je travaillais à Berbère Télévision. Et maintenant je suis à Beur FM où je fais une émission, je travaille à Beur TV et je fais également de petites productions et réalisations à titre indépendant. D’où vous est venue l’idée de réaliser un film documentaire sur Kamel Hamadi ? L’idée ne m’appartient pas, elle appartient au producteur du film, Mohamed Berkani. C’est lui qui m’a proposé cette idée que j’ai trouvée très intéressante d’autant plus que Kamel Hamadi était d’accord. En plus, il y avait quelqu’un de très intéressant dans l’équipe, Ben Mohamed, le grand poète, et c’est comme ça qu’on a parlé et discuté et c’est comme ça, aussi, qu’on s’est mis au travail et commencé à tourner. Comment Kamel Hamadi a-t-il perçu l’idée ? (Sa réaction ?) On ne peut pas faire un film documentaire sur Kamel Hamadi sans son accord. Cela est tout à fait normal. Je pense que Kamel Hamadi nous est était d’un grand apport dans ce film car il était d’accord pour faire ce film, et il nous a beaucoup aidé avec ses témoignages, ses orientations et quand on l’avait sollicité pour l’interviewer on a trouvé chez lui une grande disponibilité à répondre à nos questions. Des difficultés dans la réalisation du film ? Non, pas de grandes difficultés. La difficulté résidait beaucoup plus dans le temps puisqu’il fallait trouver dans la mesure où les personnes qui ont participé dans ce film travaillaient parallèlement. C’est vrai que sur le plan financier, on a fait ce film avec des moyens très basiques. Le producteur a mis ses moyens pour réaliser ce film. C’est-àdire nous l’avons fait avec nos propres moyens. D’ailleurs je pense que si on avait plus de moyens, peut être, on aurait fait beaucoup mieux. Donc, on souhaite avoir des institutions pour nous aider. Vous savez ce genre de travail, puisque c’est un travail sur la mémoire Algérienne, sur les artistes et créateurs Algériens, et celui de tout le monde, les institutions privées, publiques….Tout le monde est concerné. Peut-on considérer «Kamel Hamadi, Ger Yenzizen» comme un début de la production cinématographique consacrée aux grands artistes ? Eventuellement oui. Je pense qu’il y aura d’autres films qui vont suivre sur d’autres personnalités de monde artistique et culturel parce que, effectivement, la mémoire Algérienne ce n’est pas seulement la chanson, il y a beaucoup d’autres choses : il y a des créateurs, des écrivains…, sur lesquels on peut faire un travail. «Kamel Hamadi, Ger yenzizen » n’est pas votre premier film… En effet,« Kamel Hamadi, Ger yenzizen » est mon troisième film documentaire. J’ai réalisé un documentaire sur l’artisanat dans la région de Maâtkas (sur la poterie), et un autre sur l’artisanat d’Ath Yenni (sur les bijoux). Ce sont, donc, des documentaires de 26 mn qui ont été diffusés sur la chaîne de la télévision Algérienne en version kabyle et arabe. Le documentaire sur l’artisanat d’Ath Yenni a été, même, diffusé en version française. Il y aura aussi un autre film, que j’ai fait au Sahara Algérien avec feu Athmane Balli, qui chantait très très bien en Targui et j’ai fait également un documentaire sur Tahar Djaout quand j’étais à Berbère Télévision. Celui-ci (le film), je l’ai fait pour cette chaîne. Et il y a, effectivement, ce film sur Kamel Hamadi projeté aujourd’hui (jeudi). On remarque que tous les films que vous avez réalisés sont des documentaires …. Vous savez, les courts-métrages, la fiction …, c’est très lourd, c’est difficile. Je pense qu’il faut avoir, d’abord, une petite expérience dans le documentaire, puisque moi avant de me lancer dans la réalisation j’étais, comme je vous l’ai dit, journaliste. Et à mon avis entre le journaliste et le réalisateur il n’y a pas beaucoup d’espace. D’autre part, les documentaires m’intéressent beaucoup parce que c’est là où on cherche et où on essaie d’éclairer les gens sur des thèmes différents. Après, si on est en mesure de faire un ou des films fiction pourquoi pas, parce que effectivement le cinéma c’est de la fiction. En tant que réalisateur, comment voyez-vous l’avenir du cinéma algérien d’expression amazighe ? Je pense qu’il y a deux « pans » dans votre question. Il y a la réalité du cinéma algérien d’aujourd’hui et le cinéma amazigh. S’agissant de la première partie de la question, il faut dire qu’en revenant à sa réalité dans les années soixante dix (70) et ce jusqu’en milieu des années quatre-vingt (80), on constate, malheureusement, que notre cinéma a régressé. Mais en ce qui concerne le cinéma amazigh, celui-ci connaît une progression satisfaisante. D’ailleurs, j’ai découvert, en faisant le film sur Kamel Hamadi, que même si beaucoup s’accordent à dire que la production cinématographique d’expression amazigh a commencé dans les années 90 avec le film de Abderrahmane Bouguermouh sur « La colline oubliée » qui est un très bon film dans lequel « Dda Abderrahmane », s’est inspiré de l’oeuvre de Mouloud Maameri, il y avait avant des petites productions, bien qu’elles soient « légères » et qui sont passées à la télévision Algérienne juste après l’indépendance de l’Algérie . En effet, j’ai découvert des opérettes qui ont été faites par Kamel Hamadi, et diffusées en kabyle à la télévision Algériennes à cette époque-là. Et puis, je suis tombé sur d’autres documentaires, notamment un documentaire très beau qu’a fait Si Lhocine Ouarab et qui a été réalisé par un Français dans les années 50, et où il parle des traditions de l’artisanat en Kabylie. Ce qui est impressionnant ! Après, il y avait une coupure à certains moments de l’histoire de notre pays, et la production en kabyle a été mise à l’écart. En d’autres termes, il y avait un vide. Mais à partir des années 90, une ouverture de la part de la télévision Algérienne a été constatée. Moi, personnellement, je me souviens qu’en 1992, on a diffusé le reportage que j’ai fait ici en Kabylie sur la région de Maâtkas sur la poterie de cette région. La seule chose, ils m’ont demandé de leur ramener la version arabe et c’est ce que j’ai fait. En tout cas, à ma connaissance, la télévision Algérienne à partir des années 90, a commencé à s’ouvrir sur des productions en langue amazighe ajouter à tout cela, la dynamique qu’a suscitée ce festival qui, à mon point de vue, prend de l’ampleur et de l’importance car quand il y a un festival les réalisateurs produisent. Dans ce contexte, le commissaire de festival, Si El Hachemi Assad, m’a dit, lors d’une discussion, qu’au début il trouvait des difficultés à ramasser les films pour les projeter dans le cadre de ce festival, mais maintenant contrairement au passé il trouve de difficultés à sélectionner les films qui participeront à la compétition. La sélection est devenue, donc, plus sévère et la qualité gagne de terrain. C’est ce qui est une bonne chose pour le festival et la production. Des projets ? Oui, j’espère qu’on réalisera d’autres films. Je n’ai pas encore les titres et les thèmes. Mais je souhaite faire d’autres productions prochainement avec l’équipe qu’on a mise en place. Un mot pour finir cette entrevue… Je remercie votre journal de m’avoir donné cet espace pour m’exprimer, merci à vous et à vos lecteurs. |
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Interview réalisée par Sofiane Dadi |
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20 mars 2010
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